S’il n’est sans doute pas souhaitable que l’école soit l’enjeu d’une campagne électorale, les échéances politiques du printemps sont l’occasion bienvenue d’un débat sur l’avenir du système éducatif. Nul n’ignore les défis à relever, et en particulier la part inacceptable de jeunes mis hors jeu à quelque niveau que ce soit, qu’il s’agisse des 15 % d’enfants entrant en sixième sans maîtriser les apprentissages fondamentaux ou des 150 000 jeunes qui sortent de formation initiale sans qualification.
L’enseignement catholique n’a de leçons à donner à personne. Il est, en revanche, légitime qu’il prenne part aux réflexions en cours à raison de sa contribution incontestable à l’intérêt général et à la formation d’un nombre croissant d’élèves. Il le fait seulement au nom de sa conception de l’homme et de l’acte éducatif. Prendre part n’est pas prendre parti. C’est le sens du « Manifeste » qu’il a rendu public le 24 janvier dernier.
Il ne s’agit pas de promettre monts et merveilles et de bercer d’illusions. Il s’agit d’appeler chaque acteur de l’école à assumer sa part dans les renouvellements indispensables. L’expérience le montre : chacun est prêt à donner au-delà de ce que l’on imagine lorsqu’il a la conviction que les autres font de leur mieux. La crise de l’école est d’abord une crise de confiance. Voilà pourquoi il paraît indispensable de créer les conditions permettant à tous les éducateurs de participer par leur engagement à un contrat dont le seul objet est la réussite de chaque élève, d’où qu’il vienne, à quelque point qu’il en soit, avec les talents et les fragilités qui sont les siens.
L’enseignement catholique n’en appelle donc pas à de nouvelles réformes annoncées à grand renfort de médias. Il estime que la priorité est de donner aux équipes éducatives dans les établissements toute la latitude nécessaire pour les rendre effectivement responsables de l’avenir des jeunes qui leur sont confiés. La liberté n’est pas un obstacle à l’égalité ; elle en est la condition préalable.
Ainsi notre « Manifeste » est-il d’abord un discours de la méthode avant d’être un catalogue de mesures à prendre, parce que nous avons la conviction qu’il ne faut pas chercher à bouleverser du jour au lendemain l’école et ses façons de faire, mais qu’il vaut mieux mettre chacun en situation de participer jour après jour aux changements à opérer.
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